Le jeudi 17 mars dernier, le candidat Emmanuel Macron a rencontré des journalistes pour leur dévoiler quelques détails de sa réforme des retraites, à savoir : la prise en compte des carrières longues, le report de l’âge de la retraite, le cumul emploi-retraite… Étant réélu, il est tenu de rendre des comptes.

Pourquoi une réforme du système des retraites ?

La réforme du système des retraites a été revisitée suite à de nombreux constats. Le premier est le choc démographique exponentiel vécu par la France depuis la génération des baby-boomers. Le second n’est autre que l’allongement de la durée de vie. Ces éléments ont entièrement vidé les caisses liées à la retraite par répartition. Faute d’action, le système tout entier pourrait s’écrouler. Cela va évidemment transformer la retraite tricolore dont l’aspect est universel et solidaire en un dispositif individuel et privé.

Le troisième facteur est le fonds de réserve pour les retraites qui n’est pas renfloué comme il se doit. Même si les précédents gouvernements ont essayé de faire bouger les choses, ils ont pu mettre en place des solutions temporaires qui n’ont pas pu mettre à l’abri nos seniors. Depuis la réforme du gouvernement d’Éric Woerth (2010), 2,1 milliards d’euros sont perçus dans cette enveloppe pour couvrir les pensions mensuelles des retraités.

Autre élément à prendre en compte et qui a généré cette nouvelle réforme est l’écart de retraite observé entre les hommes et les femmes. Selon les données de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), les pensions octroyées à la gent féminine étaient de 32 % inférieures à celles de la gent masculine. L’écart est plus important dans la retraite privée (80 %) comparée à celle dans la fonction publique. La raison de ce déséquilibre s’explique par les congés de maternité, les salaires moins élevés, les pauses pour s’occuper de la famille…

Les réformes à mettre en œuvre

Le candidat réélu a promis de mettre en œuvre une concertation avant la mise en place de cette nouvelle réforme. Voici les mesures phares présentées par Emmanuel Macron pour simplifier le régime de retraite des Français.

La retraite à points

À l’instar du régime général français et des régimes complémentaires (Agirc et Arrco), le système envisagé est un système par points qui fonctionne comme suit : l’actif paie ses cotisations et accumule des points tous les ans. Ces derniers sont ensuite transformés en pension mensuelle lorsqu’il part à la retraite. Grâce à ce système, chaque personne active dispose d’un compte sur lequel ses points sont accumulés. Ces points sont transformés en montant d’argent qu’il percevra tous les mois. Cela s’effectue via un coefficient de conversion qui dépend de facteurs comme l’espérance de vie moyenne ou le nombre d’années cotisées. Le système de retraite français fonctionne sous le régime de retraite par répartition.

L’indexation des pensions de retraite

Le chef de l’État avait également promis une revalorisation des pensions de retraite afin de les réindexer sur l’inflation. Actuellement, cette dernière se situe aux alentours de 4 % en France. Le pouvoir d’achat des retraités s’aligne sur cette même proportion. Cette mesure aurait pour visée de permettre à nos seniors d’avoir une meilleure liberté financière après avoir payé leurs charges mensuelles. Le constat est dur : ils ne s’en sortaient pas à cause de la flambée des prix généralisée. Cette phase de majoration devait avoir lieu au 1er juillet. Il désire aussi instaurer une pension de retraite minimale qui s’élève à 1 100 € pour une carrière complète. Cette mesure n’est pas appliquée aux retraités du privé et les professions considérées comme alignées. Ces deux nouvelles mesures constituent un véritable effort économique pour la France selon les analystes. Ces derniers restent d’ailleurs réticents à ces propos.

La retraite à 65 ans

Dans son projet de remaniement, le président avait annoncé son désir de repousser l’âge légal de la retraite de 62 ans à 65 ans, tout en tenant compte de la pénibilité des carrières d’ici 2031. Cela prendra effet dès janvier 2023. La transition serait réalisée petit à petit et se baserait sur un report de 4 mois par génération pour accéder à 64 ans entre 2027 et 2028, année d’aboutissement de son mandat. Les futurs retraités seraient donc contraints de travailler encore 3 ans avant de pouvoir percevoir le fruit de leurs droits d’activité. À ce titre, l’âge de départ à taux plein entraîne aussi de nombreuses interrogations, car l’exécutif ne s’est pas encore prononcé à ce sujet.

Quelles actions pour le cumul emploi-retraite ?

Le candidat Emmanuel Macron envisage de développer et de faciliter le cumul emploi-retraite en se focalisant sur deux axes :

  • Simplifier le système du départ progressif vers la retraite existante, mais qu’il est impératif de simplifier.
  • Inciter les gens à travailler encore plus après leurs retraites via le cumul emploi-retraite, tout en augmentant les droits à la cotisation. Ce qui n’est pas le cas avec le cumul emploi-retraite actuel.

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